Les motocyclistes comptent parmi les usagers les plus vulnérables de la route. Contrairement aux occupants d’une voiture, ils ne bénéficient pas d’une structure capable d’absorber l’énergie d’un choc. Une chute ou une sortie de route peut donc avoir des conséquences particulièrement graves.

Les études sur l’accidentalité des motocyclistes sur les routes interurbaines publiées par Forenvision analysent les accidents enregistrés entre 2017 et 2024. Elles accordent une attention particulière aux sorties de route, qui figurent parmi les types d’accidents les plus graves pour les usagers de deux-roues motorisés.

Les données permettent de mesurer l’ampleur du problème : en 2024, 478 utilisateurs de motos ou de cyclomoteurs ont perdu la vie en Espagne, soit 26,8 % de l’ensemble des personnes décédées dans des accidents de la circulation. Le parc espagnol compte par ailleurs désormais plus de 4,3 millions de motos.

Ce contexte impose de concevoir des routes qui ne cherchent pas seulement à prévenir les accidents, mais qui permettent également d’en réduire les conséquences lorsqu’ils se produisent.

1. Les sorties de route : une situation particulièrement dangereuse

Une sortie de route peut être provoquée par de nombreux facteurs : vitesse inadaptée, perte d’adhérence, distraction, manœuvre d’évitement, état de la chaussée ou géométrie complexe de la route.

Dans le cas d’un motocycliste, la dynamique de l’accident est généralement différente de celle d’un véhicule à quatre roues. Après avoir perdu le contrôle de sa moto, l’usager peut tomber sur la chaussée et glisser jusqu’à atteindre la glissière de sécurité ou l’un des éléments situés sur l’accotement.

Les glissières métalliques conventionnelles sont conçues pour retenir et rediriger les véhicules. Cependant, leurs poteaux peuvent constituer des points d’impact particulièrement dangereux pour une personne qui glisse au niveau du sol. Ce risque est couramment appelé « effet guillotine », en raison de la forte concentration des efforts susceptibles de s’exercer sur le corps.

La conception des dispositifs de retenue doit donc prendre en compte non seulement le comportement du véhicule, mais également l’interaction possible entre le motocycliste et l’infrastructure. Dans cette perspective, les dispositifs de retenue routiers doivent être sélectionnés en fonction du type de route, de la vitesse, des usagers présents et des conséquences prévisibles d’une sortie de chaussée.

2. Que sont les systèmes de protection pour motocyclistes ?

Les systèmes de protection pour motocyclistes, connus sous le sigle SPM, sont des dispositifs généralement installés dans la partie inférieure des glissières métalliques de sécurité.

Leur fonction consiste à fermer l’espace entre la glissière et le sol, à recouvrir les poteaux et à créer une surface longitudinale continue. L’objectif est d’éviter un impact direct contre des éléments rigides et de réduire la gravité des blessures.

Un SPM correctement conçu peut :

  • Éviter le contact direct du motocycliste avec les poteaux.
  • Réduire la présence de bords et d’arêtes exposés.
  • Répartir l’impact sur une surface plus importante.
  • Guider le corps le long du dispositif.
  • Empêcher l’usager de passer sous la glissière.

Metalesa a développé le dispositif de retenue Metaurban® équipé d’un système de protection pour motocyclistes, une solution qui associe la fonction de retenue à une protection spécifique pour les usagers susceptibles de glisser au niveau de la chaussée après une chute.

L’utilisation de ce type de solution est également abordée dans l’article Les parapets protègent également les motocyclistes, qui analyse la nécessité d’intégrer des systèmes adaptés à ce groupe d’usagers vulnérables.

3. Où les SPM doivent-ils être installés ?

L’installation de systèmes de protection pour motocyclistes doit reposer sur une analyse spécifique des risques. Tous les tronçons routiers ne présentent pas les mêmes caractéristiques ni les mêmes conséquences potentielles.

Leur installation est particulièrement importante dans les zones suivantes :

  • Virages à faible rayon ou changements de tracé prononcés.
  • Tronçons présentant des antécédents d’accidents impliquant des motocyclistes.
  • Routes secondaires fréquemment empruntées par des motocyclistes.
  • Zones comportant des dénivelés, des talus ou des obstacles rigides.
  • Échangeurs, bretelles, voies d’insertion et sorties.
  • Tronçons où une perte de contrôle peut conduire directement vers une glissière.

Les routes secondaires nécessitent une attention particulière, car elles associent souvent des virages successifs, des accotements étroits, des accès, des intersections et des éléments proches de la chaussée. Elles sont également très fréquentées par les motocyclistes, notamment le week-end et pendant les périodes de loisirs.

4. Continuité, extrémités et transitions

L’efficacité d’un dispositif de retenue ne dépend pas uniquement de la partie centrale de la glissière. Les extrémités, les raccordements et les transitions peuvent également devenir des points critiques.

Les terminaux de barrières doivent empêcher que le début ou la fin du dispositif ne constitue un obstacle rigide en cas de choc. Ces équipements sont conçus pour être installés aux extrémités des glissières et absorber une partie de l’énergie générée lors d’une collision.

De même, les raccordements entre dispositifs de retenue permettent de raccorder des glissières ou des parapets appartenant à différentes familles ou présentant différents niveaux de retenue, tout en assurant une variation appropriée de la rigidité.

Dans les projets visant à améliorer la sécurité routière des motocyclistes, les éléments suivants doivent être étudiés conjointement :

  • La glissière principale.
  • Le système de protection pour motocyclistes.
  • Les extrémités de début et de fin.
  • Les transitions entre les différents dispositifs.
  • Les obstacles et les dénivelés situés sur l’accotement.
  • L’espace disponible pour la déformation de l’ensemble.

Une installation partielle ou incorrectement réalisée peut déplacer le risque d’un point vers un autre. La protection doit donc rester continue sur toute la zone susceptible d’être concernée par un impact.

L’importance d’un traitement correct de ces points est également abordée dans l’article consacré aux évolutions réglementaires concernant les transitions et les extrémités de glissières.

5. Conception, installation et entretien

Le comportement des SPM dépend également du respect des spécifications du fabricant lors de leur installation. Toute modification de la hauteur, des ancrages, de l’espacement entre les poteaux ou des raccordements peut altérer la réponse de l’ensemble en cas d’accident.

L’entretien ultérieur est tout aussi important. Les chocs, la corrosion, les réparations inadaptées ou les modifications du niveau du terrain peuvent réduire l’efficacité du dispositif.

Les inspections doivent vérifier l’état des profilés, des poteaux, de la boulonnerie, des ancrages, des extrémités et des transitions. Elles doivent également permettre de détecter d’éventuelles déformations, des pièces incompatibles ou des accumulations de terre et de végétation susceptibles de modifier la hauteur utile du dispositif.

6. Des routes plus tolérantes face à l’erreur humaine

L’analyse des accidents impliquant des motocyclistes permet d’identifier des schémas de risque et d’appliquer des solutions plus efficaces. Dans le cas des sorties de route, les systèmes de protection pour motocyclistes jouent un rôle essentiel dans la réduction des conséquences d’un impact contre une glissière métallique.

L’objectif ne consiste pas uniquement à empêcher le véhicule de quitter la chaussée. L’infrastructure doit également être conçue pour protéger le motocycliste après sa chute et éviter que les dispositifs de retenue eux-mêmes n’aggravent ses blessures.

Metalesa conçoit et fabrique des dispositifs de retenue routiers adaptés aux caractéristiques de chaque route. L’intégration de SPM, de terminaux sécurisés et de raccordements correctement réalisés permet de progresser vers des routes plus tolérantes, capables de réduire la gravité d’un accident lorsque l’erreur humaine ne peut pas être évitée.