La numérisation des routes ne repose pas uniquement sur l’installation de capteurs, de caméras ou de signaux lumineux. Pour que ces technologies fonctionnent de manière coordonnée, les différents systèmes doivent pouvoir échanger des données, utiliser des formats compatibles et transmettre les informations aux administrations, aux exploitants et aux usagers.

Le décret royal 450/2026, publié le 5 juin, établit un nouveau cadre pour le déploiement des systèmes de transport intelligents en Espagne. Ce texte transpose la directive européenne 2023/2661 dans le droit national et remplace le décret royal 662/2012, qui réglementait ce domaine depuis plus d’une décennie.

Bien que le texte juridique utilise le sigle espagnol SIT, la dénomination anglaise ITS, correspondant à Intelligent Transport Systems, est également largement répandue dans le secteur.

Que réglemente le décret royal 450/2026 ?

Le nouveau décret royal n’impose ni solution technologique unique ni déploiement d’une application particulière. Il vise à créer les conditions générales permettant un déploiement coordonné et cohérent des systèmes de transport intelligents dans le transport routier et ses interfaces avec les autres modes de transport.

Le texte définit les systèmes de transport intelligents comme des systèmes qui appliquent les technologies de l’information et de la communication :

  • Aux infrastructures routières.
  • Aux véhicules.
  • Aux usagers de la route.
  • À la gestion du trafic et de la mobilité.
  • Aux interfaces entre le transport routier et les autres modes de transport.

Le cadre couvre des applications très diverses : information sur le trafic, gestion des incidents, mobilité multimodale, systèmes coopératifs, données météorologiques, circulation des véhicules connectés ou communication des restrictions et des dangers sur la route.

Les intersections intelligentes peuvent donc faire partie de l’écosystème des STI, mais elles ne constituent qu’une application parmi de nombreuses autres.

Les données au cœur de la mobilité connectée

L’un des principaux éléments du décret royal 450/2026 concerne la disponibilité, l’accès et l’échange des données.

Une route connectée peut générer des informations sur les conditions de circulation, la météo, les travaux, les restrictions, les accidents, les obstacles ou la disponibilité de certains services. Toutefois, ces données ne sont utiles à l’échelle du réseau que si elles peuvent être partagées de manière structurée.

Le texte établit des obligations concernant la disponibilité des données et la fourniture de certains services STI. Il actualise également le règlement général de la circulation afin de renforcer la communication en temps réel des limitations, des restrictions, des incidents et des événements affectant le trafic.

Cela concerne aussi bien les organismes publics que les gestionnaires, les exploitants et les prestataires qui produisent ou utilisent des informations liées à la mobilité.

Les points d’accès nationaux

Le décret royal établit différents points d’accès nationaux comme des nœuds numériques facilitant l’accès aux données provenant de sources diverses.

Ils comprennent notamment :

  • Le point d’accès national pour le trafic et la mobilité.
  • Le point d’accès national pour le transport multimodal.
  • Le point d’accès national pour les aires de stationnement sûres et sécurisées destinées aux camions et aux véhicules commerciaux.

La Direction générale de la circulation espagnole devra publier les exigences relatives à l’échange et à la communication des données au point d’accès national pour le trafic et la mobilité dans un délai maximal de vingt-quatre mois à compter de l’entrée en vigueur du décret royal.

Ces nœuds permettent d’utiliser les informations produites par différentes administrations et différents exploitants dans des plateformes de gestion, des services de navigation, des centres de contrôle ou des véhicules connectés.

Interopérabilité : au-delà de l’installation de capteurs

L’installation de capteurs sur une infrastructure permet de détecter des événements, mais ne garantit pas, à elle seule, que les informations parviennent à ceux qui doivent les utiliser.

Pour faire partie d’un environnement STI, les dispositifs doivent être intégrés à une architecture capable de :

  • Recueillir des données provenant de différentes sources.
  • Partager des informations au moyen de formats compatibles.
  • Communiquer avec des plateformes externes.
  • Déclencher des réponses à certains événements.
  • Maintenir la continuité des services entre les territoires et les exploitants.

Le décret royal définit l’interopérabilité comme la capacité des systèmes et de leurs processus à échanger des données, à partager des informations et à assurer la continuité des services STI.

Progresser vers une mobilité connectée ne consiste donc pas uniquement à intégrer des technologies isolées, mais à déployer des équipements conçus pour communiquer au sein d’un réseau plus vaste.

Les systèmes coopératifs C-ITS

Le nouveau cadre inclut parmi ses domaines prioritaires les systèmes de transport intelligents coopératifs, ou C-ITS.

Ces systèmes permettent d’échanger des informations entre les véhicules, les infrastructures et les autres usagers. Un incident détecté sur la route peut être communiqué à un centre de contrôle, aux services d’urgence, à une application de navigation ou directement à un véhicule connecté.

L’objectif est que les informations ne restent pas uniquement à l’endroit où elles ont été produites, mais qu’elles puissent servir à gérer le trafic et à avertir les autres usagers.

Des solutions comme PlugSmart® Pro transforment les équipements existants en dispositifs connectés. Le système peut détecter différents scénarios de risque et communiquer les événements aux points d’accès régionaux ou nationaux, aux centres de gestion et aux services liés à la mobilité.

Les équipements routiers au sein de l’infrastructure numérique

Les routes sont équipées de glissières, de dispositifs de retenue sur ouvrage, d’extrémités, d’atténuateurs de choc et d’autres dispositifs traditionnellement conçus pour remplir une fonction physique. L’intégration de capteurs, de moyens de connexion et de signalisation permet d’ajouter de nouvelles capacités à ces éléments.

Un dispositif de retenue connecté peut détecter un choc, identifier des conditions défavorables ou activer un avertissement lumineux. Les informations peuvent ensuite être transmises à une plateforme de gestion afin de faciliter la surveillance et l’intervention.

La technologie PLUG&META® permet d’intégrer ces fonctions dans différents environnements urbains et interurbains. Son application transforme les équipements routiers en nœuds capables de détecter, de signaler et de communiquer les situations à risque.

En milieu urbain, Metaurban® SMART associe retenue des véhicules, éclairage et capteurs afin de produire des informations en temps réel et de déclencher des réponses liées aux piétons, à la vitesse, à la visibilité ou aux incidents sur la route.

Le décret royal apporte-t-il une impulsion décisive ?

Le décret royal 450/2026 n’entraîne pas, à lui seul, l’installation immédiate de nouveaux dispositifs sur toutes les routes. Il ne prescrit pas non plus une technologie particulière pour chaque situation.

Sa principale contribution consiste à actualiser le cadre juridique, à élargir les domaines prioritaires et à renforcer les obligations liées aux données, aux services et à l’interopérabilité. Les exigences techniques spécifiques devront être précisées par des textes européens, des arrêtés ministériels et des décisions ultérieures.

Il est donc plus exact de parler d’une actualisation et d’une consolidation du cadre des systèmes de transport intelligents que d’une impulsion décisive en faveur d’une application particulière.

Des infrastructures conçues pour partager les informations

Le nouveau contexte réglementaire place l’interopérabilité et la disponibilité des données au cœur de la numérisation des transports.

Les administrations et les gestionnaires devront prendre en compte non seulement les dispositifs à installer, mais aussi leur mode de connexion, les informations qu’ils produiront, les plateformes avec lesquelles ils pourront communiquer et leur intégration aux services nationaux et européens.

Metalesa développe des équipements connectés et intelligents conçus pour associer protection physique, détection des risques, signalisation et communication avec des systèmes externes.

L’évolution des routes passe par l’intégration de ces capacités dès la conception des équipements, afin que chaque élément puisse remplir sa fonction de protection tout en participant à un réseau de mobilité connectée.